Le cumul emploi-retraite 2027 change profondément pour les personnes dont la première pension de retraite de base prendra effet à compter du 1er janvier 2027. La rédaction rapporte SuperJouer Paris, que l’ancien système distinguant principalement cumul intégral et cumul plafonné sera remplacé par un mécanisme organisé autour de l’âge du retraité. Avant l’âge légal applicable à sa génération, les revenus professionnels seront déduits de la pension dès le premier euro ; entre l’âge légal et 67 ans, un seuil annuel doit s’appliquer ; à partir de 67 ans, le cumul redeviendra intégral et sans plafond.
La réforme résulte de l’article 102 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Elle vise les assurés dont la première pension de vieillesse de base entre en jouissance à partir du 1er janvier 2027. Les personnes ayant pris leur retraite avant cette date restent, en principe, soumises aux règles antérieures. Autre changement majeur : le droit de travailler après la liquidation de la retraite ne produira pas les mêmes effets selon l’âge, notamment pour l’acquisition de nouveaux droits à pension.
Trois situations différentes selon l’âge du retraité
À partir de 2027, l’âge devient le critère central du dispositif. Le ministère de l’Économie résume le nouveau mécanisme en trois niveaux : avant l’âge minimum légal, entre cet âge et celui du taux plein automatique, puis à partir de ce dernier âge. Le taux plein automatique reste fixé à 67 ans.
| Situation à partir de 2027 | Règle de cumul prévue |
|---|---|
| Avant l’âge légal de départ applicable à l’assuré | Les revenus professionnels et certains revenus de remplacement sont déduits de la pension dès le premier euro |
| De l’âge légal jusqu’à moins de 67 ans | Cumul possible jusqu’à un seuil annuel devant être fixé par décret ; 7 000 € sont actuellement annoncés |
| À partir de 67 ans | Cumul intégral entre pension et revenus professionnels, sans plafond |
| Nouveaux droits à retraite | Possibles dans le cadre du cumul intégral à partir de 67 ans, sous les conditions prévues par les textes |
Cette nouvelle architecture remplace, pour les personnes concernées par la réforme, la distinction actuelle entre cumul intégral et cumul plafonné fondée notamment sur l’obtention du taux plein et la liquidation des différentes pensions.

Avant l’âge légal : les revenus seront déduits de la pension
Le changement le plus strict concerne les personnes qui ont liquidé une pension mais se trouvent encore en dessous de l’âge légal de départ qui leur est applicable.
Selon le texte adopté, lorsqu’un assuré se situe sous cet âge, sa pension est réduite à hauteur des revenus professionnels et de remplacement pris en compte. Le ministère du Travail précise que la règle s’applique dès le premier euro. Elle peut notamment concerner les revenus tirés d’une activité professionnelle ainsi que certains revenus de remplacement, parmi lesquels des indemnités journalières de maladie.
Autrement dit, pour un assuré relevant de ce premier niveau, percevoir un revenu d’activité de 1 000 € n’équivaudra pas à ajouter automatiquement 1 000 € à sa pension : le revenu pourra entraîner une diminution correspondante de la pension selon les règles définies par le Code de la sécurité sociale.
Le texte légal prévoit que :
« la pension servie est réduite à due concurrence des revenus professionnels »
Cette disposition est particulièrement importante pour les assurés bénéficiant d’un départ avant l’âge légal de droit commun dans certaines situations prévues par la législation. Les règles d’application doivent être examinées en fonction du régime de retraite et du motif permettant la liquidation anticipée.
Entre l’âge légal et 67 ans : un seuil annuel autour de 7 000 €
Le deuxième niveau concerne les retraités ayant atteint leur âge légal de départ, mais pas encore 67 ans.
Ils pourront cumuler leur pension avec des revenus d’activité, mais pas sans limite. La loi prévoit un seuil fixé par décret. En septembre 2026, les sites officiels du gouvernement indiquent que celui-ci devrait être fixé à 7 000 € par an, mais le décret fixant définitivement ce montant n’a pas encore été publié. Il faut donc distinguer le mécanisme inscrit dans la loi du montant exact du seuil, encore dépendant du texte réglementaire.
Le principe prévu est le suivant :
- revenus annuels inférieurs ou égaux au seuil : pas de réduction liée au dépassement ;
- revenus supérieurs au seuil : la pension est diminuée de 50 % de la fraction dépassant ce seuil ;
- le seuil doit être fixé par décret.
Le ministère de l’Économie donne l’exemple d’un seuil de 7 000 €. Si une personne perçoit 10 000 € de revenus d’activité sur l’année, le dépassement atteint 3 000 €. La réduction de pension correspondrait alors à 50 % de ces 3 000 €, soit 1 500 €.
L’Assurance retraite reprend le même exemple : 10 000 € de revenu annuel pour un seuil de 7 000 € produiraient un dépassement de 3 000 € et donc une diminution de pension de 1 500 €.
« Votre retraite sera donc diminuée de 1 500 € »
Ce système ne signifie donc pas qu’au-delà de 7 000 € l’intégralité de la pension disparaît. C’est la moitié de la partie du revenu située au-dessus du seuil qui sert au calcul de la réduction, selon le mécanisme actuellement prévu.
Exemple concret avec plusieurs niveaux de revenus
En prenant comme hypothèse un seuil réglementaire effectivement fixé à 7 000 € :
| Revenu annuel pris en compte | Dépassement du seuil | Réduction correspondante de la pension |
|---|---|---|
| 5 000 € | 0 € | 0 € |
| 7 000 € | 0 € | 0 € |
| 8 000 € | 1 000 € | 500 € |
| 10 000 € | 3 000 € | 1 500 € |
| 15 000 € | 8 000 € | 4 000 € |
Ces montants illustrent la formule prévue par la réforme. Le seuil de 7 000 € doit toutefois être confirmé par le décret d’application.

À 67 ans, le cumul redevient intégral
Le troisième niveau est beaucoup plus simple. À partir de 67 ans, qui correspond à l’âge du taux plein automatique, la pension pourra être cumulée intégralement avec les revenus issus d’une activité professionnelle, sans plafond de revenus.
La loi prévoit explicitement que lorsque l’assuré atteint l’âge du taux plein automatique, sa pension peut être entièrement cumulée avec ses revenus professionnels et de remplacement.
Cela signifie qu’un retraité de 67 ans ou plus pourra, dans le cadre de ce régime, percevoir simultanément sa pension et un salaire ou des revenus professionnels sans application du seuil annuel prévu pour la tranche d’âge précédente.
Ce point modifie sensiblement la logique actuelle pour les futurs retraités : le cumul intégral est directement rattaché à l’âge de 67 ans dans le nouveau système applicable aux premières pensions liquidées à partir de 2027.
Une seconde pension pourra être constituée après 67 ans
La réforme conserve la possibilité, dans certaines situations, d’acquérir de nouveaux droits grâce à l’activité poursuivie après la retraite.
L’Assurance retraite précise que les périodes travaillées en cumul intégral après 67 ans pourront ouvrir des droits à une seconde retraite. Le Code de la sécurité sociale prévoit que les assurés relevant du cumul intégral peuvent acquérir de nouveaux droits dans les régimes de base selon les conditions légales applicables.
« Ces périodes travaillées en cumul après 67 ans pourront donner droit à une seconde retraite. »
En revanche, l’article L.161-22-1 du Code de la sécurité sociale prévoit que la reprise ou la poursuite d’une activité n’ouvre normalement pas de nouveaux droits, sauf notamment pour les assurés bénéficiant du cumul intégral correspondant au troisième niveau du nouveau dispositif.
La seconde pension n’augmente pas rétroactivement la première pension déjà liquidée. Elle constitue un droit distinct, calculé à partir des périodes ayant donné lieu aux cotisations requises. Après la liquidation de cette seconde pension, aucun nouveau droit supplémentaire ne peut ensuite être acquis selon le mécanisme prévu par le Code de la sécurité sociale.
Qui est réellement concerné par les nouvelles règles de 2027 ?
La date déterminante est celle de prise d’effet de la première pension de vieillesse de base.
Sont concernés par le nouveau régime les assurés dont cette première pension prend effet à compter du 1er janvier 2027. Le texte prévoit des dispositions particulières pour certaines pensions déjà liquidées ou relevant de catégories spécifiques, mais la règle générale est clairement liée à la date du 1er janvier 2027.
L’Assurance retraite l’indique également dans sa présentation de la réforme :
« Les assurés, qui ont pris leur retraite avant le 1er janvier 2027, ne sont pas concernés. »
Un retraité ayant liquidé sa première pension en décembre 2026 ne basculera donc pas automatiquement dans les mêmes règles qu’un assuré dont la première pension prend effet en janvier 2027.
Ce décalage d’un mois peut ainsi conduire deux personnes d’âge comparable à relever de deux régimes de cumul différents.
Attention aux régularisations après la reprise d’activité
Le nouveau dispositif pose également un problème pratique : les caisses ne connaîtront pas nécessairement immédiatement les revenus perçus après la reprise d’une activité.
L’Assurance retraite avertit qu’un assuré relevant des deux premières situations pourra recevoir temporairement l’intégralité de sa pension avant que ses revenus réels ne soient connus. Une régularisation pourra ensuite intervenir, avec récupération d’un trop-perçu si le niveau de revenus entraîne finalement une réduction de pension.
Pour une personne qui envisage de reprendre une activité en 2027, trois données devront donc être vérifiées avant de calculer le revenu réellement disponible :
- l’âge légal applicable à son année et à sa date de naissance ;
- son âge exact au moment de la reprise d’activité ;
- le montant annuel des revenus professionnels et de remplacement entrant dans le calcul.
Le montant définitif du seuil réglementaire devra également être contrôlé une fois le décret publié.
Ce qui reste applicable en 2026
Jusqu’à l’entrée en vigueur du nouveau régime pour les personnes concernées, le système actuel distingue principalement le cumul emploi-retraite intégral du cumul plafonné.
Dans le régime actuellement présenté par le ministère de l’Économie, le cumul intégral est notamment accessible lorsque l’assuré a atteint l’âge légal, remplit les conditions du taux plein, a liquidé l’ensemble de ses pensions personnelles et a rompu son lien professionnel avec son employeur lorsqu’il est salarié.
Lorsque les conditions du cumul intégral ne sont pas réunies, le cumul est plafonné. Pour le régime général, le plafond applicable correspond aujourd’hui à la solution la plus favorable entre 160 % du Smic et la moyenne des revenus d’activité des trois derniers mois précédant la cessation de l’activité.
Ce mécanisme n’est donc pas celui qui servira de référence aux nouvelles premières pensions prenant effet à compter du 1er janvier 2027.
Ce qu’il faut vérifier avant de reprendre un emploi en 2027
Pour un futur retraité, la première vérification doit porter sur la date d’effet de la première pension de base. Si celle-ci se situe avant le 1er janvier 2027, le nouveau barème n’est généralement pas celui qui s’applique. Si elle débute à partir de cette date, l’âge de l’assuré déterminera le niveau du cumul autorisé.
Il faudra ensuite vérifier le décret fixant le seuil annuel applicable entre l’âge légal et 67 ans. Au 23 septembre 2026, les publications officielles évoquent 7 000 € par an, tout en indiquant que le décret d’application correspondant reste à publier.
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