À la rentrée 2026, l’utilisation du téléphone portable au lycée devient interdite en France, comme elle l’était déjà dans les écoles et les collèges. La nouvelle rédaction de l’article L.511-5 du Code de l’éducation entre en vigueur pour l’année scolaire 2026-2027 et couvre également les autres équipements terminaux de communications électroniques ainsi que les activités d’enseignement organisées hors de l’établissement, сomme le rédaction SuperJouer Paris.
Cette règle ne signifie pourtant pas que les adolescents devront obligatoirement laisser leur smartphone à la maison. Le ministère distingue clairement la détention de l’utilisation : un lycée ne peut pas interdire à un élève de posséder son téléphone, mais son règlement intérieur doit organiser la manière dont l’appareil reste inutilisé pendant le temps scolaire. Casier, pochette verrouillée, boîte collective ou téléphone conservé dans le sac : les établissements disposeront d’une marge d’organisation.
Téléphone interdit au lycée en 2026 : ce que change réellement la loi
Jusqu’à présent, la situation des lycéens était différente de celle des collégiens. Depuis 2018, le Code de l’éducation interdisait l’utilisation du téléphone dans les écoles et collèges, tandis qu’un lycée pouvait décider lui-même d’une interdiction totale ou partielle dans son règlement intérieur.
La loi n° 2026-813 du 24 août 2026 change cette logique. À compter du 1er septembre 2026, l’article L.511-5 prévoit désormais une interdiction couvrant les écoles maternelles, écoles élémentaires, collèges et lycées. La règle s’applique aussi pendant les activités liées à l’enseignement qui se déroulent à l’extérieur de l’établissement.
Le texte officiel peut être consulté directement sur Légifrance.
« L’utilisation d’un téléphone mobile […] par un élève est interdite »
— Code de l’éducation, article L.511-5.
Le ministère de l’Éducation nationale résume la nouvelle situation de manière très nette : à partir de la rentrée scolaire 2026, les élèves doivent pouvoir effectuer l’ensemble de leur scolarité sans téléphone, de la maternelle au lycée.
Pour les familles qui préparent déjà septembre, les règles ne concernent d’ailleurs pas uniquement les smartphones. Les démarches de rentrée comprennent aussi l’assurance scolaire 2026-2027 et les situations dans lesquelles elle peut réellement être exigée.
Un élève pourra-t-il quand même apporter son smartphone au lycée ?
Oui. C’est probablement le point qui provoquera le plus de confusion à la rentrée.
L’interdiction concerne l’utilisation du téléphone, et non sa détention. Le vadémécum publié par l’Éducation nationale indique explicitement que le règlement intérieur ne peut pas interdire à un lycéen de détenir son appareil.
Autrement dit, un élève pourra continuer à prendre son téléphone pour :
- son trajet entre le domicile et le lycée ;
- l’utiliser après avoir quitté l’établissement ;
- rester joignable avant ou après les cours ;
- disposer de son appareil pour certaines situations autorisées par le règlement intérieur.
Une interdiction nationale d’utilisation ne signifie donc pas une obligation nationale de déposer tous les smartphones à l’entrée.
Chaque établissement devra en revanche préciser comment le téléphone doit être mis à l’écart pendant le temps scolaire.
Le modèle proposé par le ministère envisage plusieurs systèmes : casier individuel dès l’arrivée, boîte collective demandée par un membre du personnel, pochette verrouillable ou autre dispositif choisi localement.
Il n’existera donc pas nécessairement une organisation identique dans tous les lycées français.

Le téléphone devra-t-il être éteint pendant toute la journée ?
Le principe est l’absence d’utilisation pendant le temps scolaire, mais les modalités pratiques relèvent du règlement intérieur.
Un lycée pourra par exemple demander que le smartphone reste éteint et rangé, tandis qu’un autre pourra mettre en place le dispositif « Portable en pause », avec dépôt physique de l’appareil ou pochette sécurisée. Le ministère précise que chaque établissement choisit son organisation en concertation avec la communauté éducative.
Cette souplesse est importante : la loi fixe une règle nationale, mais elle ne crée pas un système national unique de consigne des téléphones.
Le ministère indiquait en juillet que 28 % des lycées interrogés avaient déjà adopté un dispositif équivalent à « Portable en pause » avant même la généralisation prévue pour septembre 2026.
« L’objectif n’est pas de bannir tout usage des téléphones »
— Vadémécum du ministère de l’Éducation nationale, juin 2026.
Dans quels cas un lycéen pourra encore utiliser son téléphone ?
Plusieurs exceptions sont prévues ou peuvent être instaurées.
| Situation | Téléphone utilisable ? | Qui fixe la règle ? |
|---|---|---|
| Utilisation personnelle pendant un cours | Non | Interdiction nationale |
| Réseaux sociaux pendant une pause | En principe non | Règlement intérieur |
| Activité pédagogique autorisée | Oui, si dérogation prévue | Établissement |
| Dispositif lié à un handicap | Oui | Code de l’éducation |
| Dispositif nécessaire pour raison médicale | Oui | Cadre médical et scolaire |
| Utilisation nécessaire au CDI | Possible | Règlement intérieur |
| Service de restauration | Possible dans certains lycées | Règlement intérieur |
| Internat | Horaires ou règles spécifiques possibles | Règlement intérieur |
| Voyage scolaire | Créneaux spécifiques possibles | Règlement intérieur |
| Élèves de BTS ou CPGE dans un lycée | Régime particulier possible | Établissement |
La circulaire du 2 juillet 2026 prévoit notamment que des dérogations limitées puissent répondre aux besoins pédagogiques ou à certaines nécessités administratives et organisationnelles. Elle cite le centre de documentation et d’information, la restauration et l’hébergement.
Un professeur pourra-t-il demander aux élèves d’utiliser leur smartphone ?
Oui, si le règlement intérieur prévoit une dérogation pour les usages pédagogiques.
Le téléphone pourra donc ponctuellement rester un outil de travail. Le vadémécum donne notamment l’exemple d’une activité en classe utilisant un QR code.
Ce ne sera toutefois plus l’élève qui décidera seul qu’un usage est « scolaire ». L’utilisation devra intervenir dans le cadre prévu par l’établissement et sous les conditions fixées par l’équipe éducative.
Le portail Éduscol consacré à l’interdiction du téléphone et au numérique raisonné rassemble les documents utilisés par les établissements pour préparer cette organisation.
Les élèves ayant un problème de santé ne seront pas privés de leur appareil médical
La loi prévoit une exception beaucoup plus solide qu’une simple dérogation locale : l’interdiction ne s’applique pas aux équipements qu’un élève présentant un handicap ou un trouble de santé invalidant est autorisé à utiliser.
Cela peut concerner un équipement connecté nécessaire au suivi médical lorsque son utilisation est intégrée au dispositif d’accompagnement de l’élève.
Le modèle de règlement proposé par l’Éducation nationale fait notamment référence au projet personnalisé de scolarisation (PPS) et au projet d’accueil individualisé (PAI).
Il ne s’agit donc pas d’un « privilège téléphone » : l’exception répond à un besoin médical ou lié au handicap.

Comment un élève pourra-t-il appeler ses parents en cas d’urgence ?
Le ministère a prévu cette situation dans sa foire aux questions.
Un élève peut devoir contacter sa famille pour une urgence médicale, un départ anticipé ou une autre nécessité. Le chef d’établissement doit définir les modalités permettant cette communication et les inscrire dans le règlement intérieur.
Il n’existe donc pas une règle selon laquelle un adolescent serait totalement coupé de sa famille pendant huit heures.
En pratique, le lycée pourra organiser le contact par la vie scolaire, le secrétariat, l’infirmerie ou selon une autre procédure locale. Les familles devront particulièrement lire la nouvelle version du règlement intérieur remise ou mise à disposition à la rentrée.
« Un élève peut […] avoir besoin de joindre l’un de ses responsables légaux »
— Éducation nationale, FAQ du vadémécum 2026.
Et pendant les voyages scolaires ?
L’interdiction couvre juridiquement les activités d’enseignement se déroulant hors de l’établissement. Un déplacement avec la classe ne transforme donc pas automatiquement le voyage en zone libre pour le smartphone.
Le ministère autorise toutefois le règlement intérieur à prévoir des temps spécifiques d’utilisation pendant les voyages scolaires.
Un établissement pourrait ainsi décider que les téléphones restent rangés pendant les visites et activités pédagogiques mais peuvent être utilisés pendant une plage horaire déterminée pour contacter les familles.
Cette distinction sera particulièrement importante pour les séjours de plusieurs jours.
Que se passera-t-il dans les internats ?
Les lycéens internes ne sont pas oubliés.
Le règlement intérieur doit préciser les conditions d’utilisation des appareils à l’internat. Le modèle fourni par le ministère prévoit même la possibilité d’une plage horaire pendant laquelle les élèves internes peuvent utiliser leur téléphone sous la responsabilité des personnels d’éducation ou de surveillance.
Cela évite qu’une interdiction conçue pour le temps scolaire se transforme automatiquement en privation de téléphone pendant toute la soirée pour des adolescents hébergés plusieurs jours loin de leur domicile.
Les modalités pourront cependant varier fortement d’un établissement à l’autre.
BTS et classes préparatoires : les étudiants pourront avoir des règles différentes
De nombreux lycées accueillent à la fois des lycéens et des étudiants inscrits en BTS ou en classes préparatoires aux grandes écoles.
La nouvelle version de l’article L.511-5 permet expressément au règlement intérieur de prévoir des dispositions particulières pour les étudiants lorsqu’un lycée dispense des formations de l’enseignement supérieur.
Le ministère explique que leur situation est différente de celle des élèves du secondaire et qu’un régime spécifique peut donc être organisé.
Un étudiant de BTS et un élève de seconde fréquentant le même bâtiment pourraient ainsi être soumis à des règles différentes.
Que risque un élève surpris avec son téléphone en main ?
Le téléphone peut être confisqué.
La nouvelle version de l’article L.511-5 précise que la violation des règles peut conduire à la confiscation par un membre du personnel de direction, d’enseignement, d’éducation ou de surveillance. Le règlement intérieur doit déterminer les modalités de confiscation et de restitution.
Le vadémécum apporte cependant une limite essentielle : la confiscation ne doit pas dépasser la fin des activités d’enseignement de la journée.
Elle peut être accompagnée d’une autre punition, par exemple une retenue, si le règlement de l’établissement le permet et si la réponse reste proportionnée à la situation.
« La confiscation […] ne peut excéder la durée des activités d’enseignement de la journée. »
— Éducation nationale, vadémécum 2026.
En cas de récidive ou de comportement plus grave, une procédure disciplinaire reste également possible.
Pourquoi l’État étend-il l’interdiction aux lycées ?
Le ministère rattache la réforme à plusieurs objectifs : concentration en classe, réduction des distractions, qualité des apprentissages, socialisation et lutte contre certaines situations de cyberharcèlement ou de diffusion de contenus violents.
Éduscol cite également une étude Ipsos réalisée en 2025 pour le Centre national du Livre : les 15-19 ans consacreraient en moyenne 5 h 19 par jour à des activités sur écran.
Cela ne signifie pas que chaque usage numérique est considéré comme problématique. La politique du ministère parle plutôt de « numérique raisonné » et maintient les usages pédagogiques encadrés.
Cette nouvelle organisation arrive au moment où les familles préparent plusieurs changements de septembre. Le calendrier des vacances scolaires 2026-2027 par zone permet notamment d’anticiper les premières interruptions de cours, tandis que les familles ayant un collégien peuvent également vérifier les conditions de la bourse de collège 2026-2027.
Ce qu’il faudra vérifier dans le règlement intérieur dès septembre
La loi donne le principe. Le lycée donnera une partie des réponses pratiques.
Les élèves et leurs parents devront notamment contrôler :
- où le téléphone doit être rangé ;
- s’il doit être éteint ou simplement inaccessible ;
- si un casier, une boîte ou une pochette est utilisé ;
- les exceptions pédagogiques autorisées ;
- la procédure pour contacter la famille ;
- les règles pendant les voyages ;
- les horaires applicables à l’internat ;
- les modalités de confiscation et de restitution ;
- le régime réservé aux étudiants de BTS ou de classes préparatoires.
Le conseil des délégués pour la vie lycéenne doit être consulté lors de la modification du règlement intérieur, avant son adoption par le conseil d’administration.
La rentrée 2026 crée donc un cadre national beaucoup plus strict, mais elle ne transforme pas tous les lycées en établissements où les téléphones sont physiquement bannis. Le smartphone pourra toujours être apporté ; c’est son utilisation qui devient interdite par principe, sous réserve des exceptions légales et de celles précisément inscrites dans le règlement intérieur.
FAQ — téléphone portable au lycée à la rentrée 2026
Peut-on apporter son téléphone au lycée en septembre 2026 ?
Oui. L’Éducation nationale indique que le règlement intérieur ne peut pas interdire la détention d’un téléphone. L’établissement peut en revanche imposer qu’il soit éteint, rangé ou placé dans un dispositif de mise à l’écart pendant le temps scolaire.
Peut-on utiliser son téléphone pendant la récréation ?
La règle nationale interdit son utilisation par les élèves dans le lycée. Une éventuelle dérogation doit être prévue précisément par le règlement intérieur ; il ne faut donc pas supposer que les récréations resteront automatiquement des périodes d’utilisation libre.
Un professeur peut-il autoriser le smartphone pendant son cours ?
Oui, si le règlement intérieur autorise les usages pédagogiques concernés. Le ministère cite notamment des activités utilisant un QR code.
Les montres connectées sont-elles concernées ?
La loi ne vise pas uniquement les smartphones mais plus largement les équipements terminaux de communications électroniques. Le ministère parle également des « autres objets connectés ». Les règles précises devront être vérifiées dans le règlement du lycée.
Comment appeler ses parents en urgence ?
Le chef d’établissement doit fixer une procédure permettant à l’élève et à ses responsables légaux de communiquer en cas de nécessité, notamment pour une urgence médicale ou une sortie anticipée.
Peut-on utiliser son téléphone lors d’un voyage scolaire ?
Pas automatiquement. Le règlement intérieur peut cependant définir des temps spécifiques pendant lesquels son utilisation est autorisée durant un voyage scolaire.
Combien de temps un lycée peut-il garder un téléphone confisqué ?
Selon le vadémécum du ministère, la confiscation ne doit pas dépasser la fin des activités d’enseignement de la journée. Les modalités exactes de restitution doivent figurer dans le règlement intérieur.
La règle est-elle la même pour les étudiants en BTS et en prépa ?
Pas obligatoirement. Lorsqu’un lycée accueille des formations d’enseignement supérieur, son règlement intérieur peut instaurer des dispositions spécifiques pour les étudiants.