Le monoxyde de carbone peut devenir un danger dès la remise en fonctionnement d’un chauffage, d’une chaudière, d’un poêle ou d’un autre appareil à combustion défectueux, mal entretenu ou insuffisamment ventilé. La rédaction rapporte SuperJouer Paris : maux de tête, nausées, vomissements ou fatigue apparus dans un logement chauffé doivent faire envisager une intoxication et conduire à agir sans attendre, notamment lorsque plusieurs occupants présentent les mêmes symptômes.
Le danger tient notamment au fait que ce gaz est invisible, inodore et non irritant. Il peut donc s’accumuler sans que les occupants s’en rendent compte. Une intoxication plus importante peut provoquer somnolence, confusion, troubles cardiovasculaires, perte de connaissance ou convulsions et, dans les formes les plus graves, entraîner le décès.
Si les symptômes apparaissent dans le logement et diminuent une fois à l’extérieur, le monoxyde de carbone doit être envisagé sans attendre une aggravation.
Les symptômes qui doivent faire réagir
Le ministère chargé de la Santé cite en premier lieu les maux de tête, les vertiges et la sensation de faiblesse musculaire. Les troubles digestifs sont également fréquents : nausées, vomissements sans diarrhée ou douleurs abdominales. Cette présentation explique pourquoi certaines intoxications peuvent initialement être confondues avec une affection virale ou digestive.
« Les maux de tête sont les symptômes les plus fréquents. »
— Ministère chargé de la Santé, fiche consacrée aux intoxications au monoxyde de carbone.
Les signes possibles évoluent selon l’intensité et la durée de l’exposition.
| Niveau de gravité | Signes possibles |
|---|---|
| Premiers signes | Maux de tête, fatigue, nausées, vomissements |
| Exposition plus importante | Vertiges, somnolence, faiblesse, confusion, accélération du rythme cardiaque |
| Forme grave | Malaise, troubles de la vision, douleur thoracique, difficultés respiratoires |
| Forme très grave | Perte de connaissance, convulsions, coma, défaillance cardio-respiratoire |
La Sécurité civile distingue elle aussi des formes légères, avec céphalées, nausées, vomissements et fatigue pseudo-grippale, des formes moyennes marquées notamment par des céphalées intenses, de la somnolence et de la confusion, puis des formes extrêmes pouvant aller jusqu’à la perte de connaissance et au décès.
Un élément doit particulièrement alerter : plusieurs personnes se sentent mal au même endroit au même moment. Le ministère de la Santé recommande également de penser au CO lorsque les symptômes diminuent après avoir quitté le logement ou lorsqu’un animal domestique présente des anomalies de comportement ou meurt sans cause immédiatement évidente.
Que faire immédiatement en cas de suspicion ?
Il ne faut pas attendre de confirmer soi-même la présence de monoxyde de carbone.
Les recommandations officielles sont précises :
- ouvrir immédiatement portes et fenêtres afin d’aérer les locaux ;
- arrêter les appareils à combustion si cela peut être fait sans se mettre en danger ;
- évacuer le logement ou le bâtiment ;
- appeler les secours ;
- ne pas rentrer avant l’avis d’un professionnel qualifié.
Les numéros à utiliser en France sont :
- 15 : SAMU ;
- 18 : sapeurs-pompiers ;
- 112 : numéro européen d’urgence ;
- 114 : urgence accessible notamment aux personnes sourdes et malentendantes.
« Il est important d’agir très vite. »
— Assurance Maladie, recommandations actualisées le 14 septembre 2026.
L’Assurance Maladie recommande d’appeler les secours même lorsque les personnes exposées ne signalent que des maux de tête. Une prise en charge médicale rapide peut être nécessaire, avec notamment administration d’oxygène selon la situation clinique.
Une amélioration après être sorti du logement ne constitue donc pas une raison suffisante pour rentrer et rallumer l’appareil.

Pourquoi le risque augmente avec la remise en route du chauffage
Le monoxyde de carbone est produit lors d’une combustion incomplète. Les combustibles concernés sont nombreux : gaz naturel, butane, propane, bois, charbon, fioul, essence ou pétrole. Les appareils de chauffage et de production d’eau chaude figurent parmi les principales sources domestiques identifiées par Santé publique France.
Le problème peut être favorisé par plusieurs situations : mauvais entretien d’une chaudière ou d’un poêle, conduit de fumée défectueux ou obstrué, renouvellement insuffisant de l’air, ventilation bouchée ou utilisation inadaptée d’un appareil à combustion.
Les autorités rappellent également de ne jamais :
- faire fonctionner en permanence un chauffage d’appoint à combustion ;
- utiliser une cuisinière, un barbecue ou un brasero pour chauffer une pièce ;
- faire fonctionner un groupe électrogène à l’intérieur d’un bâtiment, d’un garage ou d’une cave.
Les groupes électrogènes doivent rester à l’extérieur, suffisamment éloignés des ouvertures et des entrées d’air du logement.
Un gaz impossible à reconnaître à l’odeur
L’absence d’odeur constitue l’un des pièges majeurs de l’intoxication. Contrairement à la fumée d’un incendie ou à certaines fuites de gaz odorisées, le CO n’irrite ni les yeux ni les voies respiratoires et ne possède pas d’odeur permettant d’alerter les occupants.
Après inhalation, il passe dans le sang et perturbe le transport de l’oxygène dans l’organisme. C’est cette diminution de l’oxygénation des tissus qui explique les manifestations neurologiques, digestives et cardiovasculaires observées lors des intoxications.
La Sécurité civile indique que le monoxyde de carbone est responsable chaque année en France de plus de 1 000 épisodes d’intoxication et d’environ une centaine de décès.
« Tous les appareils utilisant des combustibles […] sont susceptibles de produire du monoxyde de carbone. »
— Sécurité civile, ministère de l’Intérieur.
Cela concerne donc aussi bien une chaudière qu’un poêle à bois, un chauffe-eau, une cheminée ou certains chauffages mobiles lorsqu’ils fonctionnent dans de mauvaises conditions.
Les personnes pour lesquelles le risque est particulièrement préoccupant
Le ministère de la Santé identifie trois catégories nécessitant une vigilance particulière : les femmes enceintes, les nourrissons et les personnes âgées. Chez la femme enceinte, l’atteinte du fœtus peut être sévère même si l’état clinique de la mère paraît moins alarmant.
Chez le nourrisson, les manifestations peuvent être atypiques : refus de téter, pleurs inexpliqués, torpeur ou convulsions. Chez la personne âgée, fatigue, confusion ou malaise peuvent être attribués à tort à l’âge ou à une autre maladie.
Santé publique France mentionne également une sensibilité particulière des enfants et de certaines personnes présentant des pathologies préexistantes telles qu’une anémie ou une hémoglobinopathie.

Avant de rallumer une chaudière : ce qui doit être vérifié
L’Assurance Maladie recommande de faire vérifier et entretenir, au moins une fois par an et avant toute remise en fonctionnement, les installations de chauffage et de production d’eau chaude ainsi que les conduits de fumée.
Pour les chaudières fonctionnant notamment au gaz, au fioul, au bois ou au charbon et dont la puissance est comprise entre 4 et 400 kW, Service-Public rappelle l’obligation d’un entretien annuel. Pour un logement loué équipé d’une chaudière individuelle, cet entretien incombe en principe au locataire, sauf disposition différente prévue dans le bail.
Lors de l’entretien, le professionnel doit notamment contrôler l’installation et mesurer la concentration de monoxyde de carbone dans l’air ambiant autour de la chaudière. Le ministère de la Santé indique qu’une concentration supérieure à 50 ppm met en évidence un danger grave et immédiat entraînant la mise à l’arrêt de la chaudière jusqu’à sa remise en état.
Dix minutes d’aération restent recommandées, même quand il fait froid
Les recommandations françaises prévoient une aération quotidienne d’au moins dix minutes. Les entrées et sorties d’air ainsi que les systèmes de ventilation ne doivent jamais être bouchés, même dans l’objectif de limiter les pertes de chaleur.
La ventilation joue un rôle directement lié à la sécurité des appareils à combustion : un apport d’air insuffisant peut participer aux conditions favorisant une mauvaise combustion et à l’accumulation de polluants.
Un logement loué doit par ailleurs disposer de dispositifs assurant une aération suffisante et permettant le renouvellement de l’air ainsi que l’évacuation de l’humidité dans des conditions adaptées à l’occupation du logement et au fonctionnement de ses équipements.
Détecteur de CO : ce qu’il faut regarder
Des détecteurs autonomes de monoxyde de carbone sont commercialisés en France. Le ministère de la Santé recommande, lorsqu’un ménage choisit d’en installer un, de vérifier que le fabricant le déclare conforme à la norme européenne NF EN 50291, indication qui doit figurer sur l’emballage.
Il ne faut pas confondre un détecteur de monoxyde de carbone avec le détecteur avertisseur autonome de fumée, ou DAAF. Ce dernier détecte la fumée d’un incendie et répond à une autre norme, NF EN 14604.
Si un détecteur de CO se déclenche, les consignes sont les mêmes qu’en présence de symptômes évocateurs : ouvrir les fenêtres, arrêter les appareils à combustion lorsque cela est possible sans risque, quitter les lieux et contacter les secours.
Le point à retenir au moment de remettre le chauffage en marche
Maux de tête, fatigue inhabituelle, vertiges, nausées ou vomissements qui apparaissent après le redémarrage du chauffage ne doivent pas être considérés isolément comme une simple gêne saisonnière, surtout lorsque plusieurs personnes sont touchées dans le même logement.
Le réflexe recommandé par les autorités françaises est immédiat : aérer, couper l’appareil si possible, sortir et appeler les secours. Le retour dans le logement ne doit intervenir qu’après contrôle de la situation et avis d’un professionnel qualifié.
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