Depuis le 1er octobre 2026, les assurés français peuvent payer jusqu’à 140 euros par an de franchises médicales et de participations forfaitaires, contre 100 euros auparavant. Cette augmentation de 40 % résulte du décret n° 2026-858 du 11 septembre 2026. Concrètement, le plafond annuel des franchises sur les médicaments, les soins paramédicaux et les transports sanitaires passe de 50 à 70 euros. Celui des participations forfaitaires sur les consultations et certains examens médicaux augmente également de 50 à 70 euros, rédaction rapporte SuperJouer Paris.
Cette réforme ne signifie pas que chaque consultation ou médicament coûte désormais plus cher. Les montants prélevés par acte restent inchangés : 1 euro par boîte de médicaments, 2 euros par consultation médicale concernée et 4 euros par transport sanitaire. En revanche, les patients qui utilisent régulièrement le système de santé peuvent subir des retenues supplémentaires sur leurs remboursements. Certaines personnes restent totalement exonérées. Voici les nouveaux plafonds, les exemples de calcul et les règles à connaître pour vérifier ce que l’Assurance Maladie peut réellement vous réclamer.
Franchises médicales : les nouveaux plafonds depuis le 1er octobre 2026
La modification entrée en vigueur le 1er octobre concerne deux prélèvements distincts : la franchise médicale et la participation forfaitaire. Chacun dispose de son propre plafond annuel, calculé par assuré.
| Type de prélèvement | Avant le 1er octobre 2026 | Depuis le 1er octobre 2026 |
|---|---|---|
| Franchises médicales | 50 € par an | 70 € par an |
| Participations forfaitaires | 50 € par an | 70 € par an |
| Plafond annuel cumulé | 100 € | 140 € |
| Augmentation maximale | — | 40 € par an |
La hausse représente 20 euros supplémentaires pour chaque catégorie, soit une augmentation globale de 40 euros pour un assuré atteignant les deux plafonds. Toutefois, les 140 euros ne constituent pas une somme automatiquement prélevée. Il s’agit du maximum possible au titre de ces deux dispositifs pour une année civile.
Un patient qui consulte rarement et achète peu de médicaments remboursés peut donc continuer à payer bien moins que ce plafond. À l’inverse, une personne suivant plusieurs traitements ou bénéficiant de soins réguliers peut atteindre les nouvelles limites.
Autre précision importante : le plafond de 70 euros s’applique à l’année civile 2026, et non à une nouvelle période de douze mois débutant en octobre. Le compteur ne repart donc pas de zéro au moment de la réforme.
Le décret n° 2026-858 publié sur Légifrance confirme que seuls les plafonds annuels augmentent. Les montants unitaires des franchises et participations restent inchangés.
Combien payez-vous par médicament, consultation ou transport ?
Pour comprendre l’impact de la réforme sur votre budget, il faut distinguer les soins soumis à une franchise médicale de ceux donnant lieu à une participation forfaitaire.
Médicaments, soins infirmiers et transports sanitaires
Les montants des franchises médicales en 2026 sont les suivants :
- 1 € pour chaque boîte de médicaments remboursée par l’Assurance Maladie ;
- 1 € pour chaque acte paramédical concerné, notamment les soins infirmiers et les séances de kinésithérapie ;
- 4 € pour chaque transport sanitaire concerné, notamment en ambulance, taxi conventionné ou véhicule sanitaire léger.
Des plafonds journaliers limitent certaines retenues. Pour les actes paramédicaux, la franchise ne peut pas dépasser 4 euros par jour pour un même patient et un même professionnel. Pour les transports sanitaires, la limite est de 8 euros par jour et par transporteur.

Par exemple, si un infirmier réalise six actes facturables au cours d’une même journée auprès du même patient, le prélèvement est limité à 4 euros. Pour un aller-retour en ambulance, la franchise atteint normalement 8 euros : 4 euros pour l’aller et 4 euros pour le retour.
Il n’existe cependant pas de plafond journalier équivalent pour les boîtes de médicaments. Une ordonnance comportant plusieurs médicaments remboursables peut donc générer plusieurs franchises, dans la limite annuelle applicable.
Les médicaments délivrés pendant une hospitalisation, les actes paramédicaux effectués durant celle-ci et les transports d’urgence sollicités par le Samu ne sont pas soumis à cette franchise.
Pour mieux comprendre les différences entre prix payé, avance de frais et remboursement, consultez également notre article sur les nouvelles règles du tiers payant pour les médicaments en septembre 2026.
Consultations médicales, analyses et radiologie
La participation forfaitaire reste fixée à 2 euros pour les consultations ou actes réalisés par un médecin, ainsi que pour certains examens radiologiques et analyses de biologie médicale.
Elle est limitée à 8 euros par jour pour un même professionnel de santé et un même patient.
Une consultation chez un généraliste donnant lieu à cette participation entraîne donc toujours une retenue de 2 euros. Le changement d’octobre permet simplement à l’Assurance Maladie d’accumuler jusqu’à 70 euros de participations forfaitaires sur l’année, au lieu de 50 euros auparavant.
Combien pouvez-vous réellement payer en 2026 ? Trois exemples
La hausse ne touche pas tous les assurés de la même manière. Elle dépend du nombre de soins remboursés, de leur nature et des éventuelles exonérations.
| Situation illustrative | Franchises médicales | Participations forfaitaires | Total annuel |
|---|---|---|---|
| 10 boîtes de médicaments et 5 consultations concernées | 10 € | 10 € | 20 € |
| 40 boîtes de médicaments, 20 actes paramédicaux et 15 consultations concernées | 60 € | 30 € | 90 € |
| Assuré atteignant les deux plafonds annuels | 70 € | 70 € | 140 € |
Ces exemples sont théoriques : ils supposent que les prestations sont soumises aux prélèvements habituels, sans exonération particulière, et que les plafonds journaliers sont respectés. Ils ne représentent pas le reste à charge total de tous les soins.
Que se passe-t-il si vous aviez déjà atteint 50 euros avant octobre ?
C’est un point essentiel pour les assurés qui ont reçu de nombreux soins entre janvier et septembre 2026.
Supposons que vous ayez déjà atteint l’ancien plafond de 50 euros de franchises médicales au 30 septembre. Depuis le 1er octobre, le nouveau plafond de 70 euros permet des retenues supplémentaires pouvant atteindre 20 euros pour cette catégorie.
Le même raisonnement s’applique aux participations forfaitaires. Si vous aviez déjà atteint les deux anciens plafonds, vous pouvez supporter jusqu’à 40 euros supplémentaires en 2026, à condition que de nouveaux prélèvements soient effectivement dus.
En revanche, les sommes déjà prélevées depuis janvier sont prises en compte. L’Assurance Maladie ne peut pas considérer octobre comme le début d’une nouvelle année de franchises.
Attention également à la différence entre plafond et remboursement intégral. Les 140 euros concernent uniquement les franchises et participations forfaitaires. D’autres dépenses peuvent rester à votre charge : ticket modérateur, dépassements d’honoraires ou frais non remboursés, selon votre couverture santé.
Qui ne paie pas les franchises médicales en 2026 ?
Le relèvement des plafonds ne supprime pas les protections prévues pour certaines catégories de patients. Le décret maintient les exonérations existantes, notamment pour les personnes bénéficiant d’une protection particulière en raison de leur âge, de leurs ressources ou de leur situation médicale.
Les principales exonérations de franchises médicales et participations forfaitaires concernent :
- les enfants et les jeunes de moins de 18 ans, selon les conditions prévues par l’Assurance Maladie ;
- les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (CSS) ;
- les bénéficiaires de l’aide médicale de l’État (AME), dans les conditions applicables ;
- les femmes enceintes à partir du premier jour du sixième mois de grossesse et jusqu’au douzième jour suivant l’accouchement ;
- les mineures pour certains soins liés à la contraception et à la contraception d’urgence ;
- les victimes d’actes terroristes pour les soins en rapport avec l’événement concerné.
Ces exonérations doivent être distinguées de la prise en charge à 100 % de certains soins. Par exemple, bénéficier d’une affection de longue durée (ALD) ne signifie pas automatiquement être dispensé de franchises médicales ou de participations forfaitaires.
Un patient reconnu en ALD peut donc rester soumis à ces prélèvements s’il ne relève pas d’un autre dispositif d’exonération.
De même, posséder une mutuelle santé ne garantit pas leur remboursement. Les contrats responsables ne prennent pas en charge ces sommes. Il est donc préférable de ne pas assimiler une couverture complémentaire complète à l’absence de tout reste à charge.
Pour connaître précisément les situations protégées, l’Assurance Maladie détaille les conditions sur sa page officielle consacrée à la franchise médicale et ses exonérations.
Comment vérifier et payer vos franchises médicales ?
Les franchises et participations forfaitaires sont généralement déduites directement des remboursements versés par l’Assurance Maladie.
Lorsqu’un patient utilise le tiers payant, il ne fait pas nécessairement l’avance des frais médicaux. Cela ne veut pourtant pas dire que les franchises disparaissent. Elles peuvent être récupérées ultérieurement sur un autre remboursement ou faire l’objet d’une demande de paiement.
Depuis le 1er octobre 2026, les modalités de règlement proposées par l’Assurance Maladie permettent notamment de payer les sommes réclamées en ligne, par virement ou par chèque, selon les indications reçues de sa caisse.
Pour contrôler vos prélèvements, vous pouvez :
- Vous connecter à votre compte ameli et consulter vos relevés de remboursement.
- Repérer les lignes correspondant aux franchises médicales et aux participations forfaitaires.
- Vérifier les dates des soins, les montants retenus et le cumul annuel.
- Comparer les sommes avec les plafonds de 70 euros applicables à chaque catégorie.
- Contacter votre caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) si une retenue vous semble injustifiée.
Une franchise ancienne peut également apparaître sur un remboursement récent, notamment lorsqu’elle n’a pas pu être récupérée au moment du soin en raison du tiers payant. Il faut donc examiner la nature et la date des prélèvements plutôt que supposer qu’ils correspondent tous à la dernière consultation.
Si vous devez transmettre une feuille de soins pour obtenir un remboursement, notre guide explique comment envoyer certaines feuilles de soins depuis l’application Compte ameli.
En cas d’avis de somme à payer, utilisez uniquement les coordonnées et les moyens de règlement officiels. Le service ameli consacré au paiement des franchises et participations forfaitaires précise les solutions disponibles.
Enfin, une autre évolution est déjà inscrite dans la réglementation : à compter du 1er janvier 2028, les plafonds pourront être revalorisés chaque année en fonction de l’inflation, suivant les modalités prévues par le décret. Cela ne signifie pas qu’une nouvelle hausse de montant déterminé est déjà connue.
Pour 2026, le chiffre à retenir reste donc 140 euros maximum par assuré non exonéré pour le cumul des deux catégories. Cette limite protège contre une accumulation illimitée de ces prélèvements, mais elle ne constitue pas un plafond général de toutes les dépenses de santé.
FAQ : franchises médicales et participations forfaitaires en 2026
Le plafond de 140 euros concerne-t-il chaque membre d’un couple ?
Oui. Les plafonds sont individuels et non calculés par foyer fiscal. Deux adultes non exonérés peuvent donc chacun atteindre 140 euros de franchises et participations forfaitaires sur une même année, soit 280 euros au total pour le couple.
Les franchises médicales augmentent-elles le prix des médicaments en pharmacie ?
Non. La réforme d’octobre 2026 ne modifie pas le montant de 1 euro prélevé par boîte de médicament remboursable. Elle relève uniquement le montant annuel total que l’Assurance Maladie peut retenir au titre de ces franchises.
Peut-on payer plus de 140 euros de frais médicaux en 2026 ?
Oui. Le plafond de 140 euros concerne exclusivement les franchises médicales et les participations forfaitaires. Les dépassements d’honoraires, le ticket modérateur ou certaines prestations non remboursées peuvent générer d’autres dépenses, parfois bien supérieures.
Les patients en ALD doivent-ils payer les franchises médicales ?
En principe, oui. La reconnaissance d’une affection de longue durée ne donne pas automatiquement droit à une exonération de franchise médicale. Une dispense reste toutefois possible si le patient remplit également les conditions d’une autre exonération, par exemple celles de la Complémentaire santé solidaire.
Le plafond des franchises sera-t-il remis à zéro le 1er janvier 2027 ?
Oui. Les plafonds de franchises médicales et de participations forfaitaires sont calculés par année civile. Le suivi annuel recommence donc au 1er janvier 2027, même si des retenues correspondant à des soins antérieurs peuvent encore apparaître sur des remboursements ultérieurs.
Comment contester une franchise médicale prélevée à tort ?
Commencez par vérifier votre relevé de remboursements dans votre compte ameli, notamment la date et la nature du soin concerné. Si vous pensez bénéficier d’une exonération ou constatez une erreur, contactez votre CPAM pour obtenir le détail des retenues et demander leur vérification.
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